Jeudi 25 février 2010
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Sortie le 11/O9/2009
De Xavier Giannoli
avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu.
Philippe Miller (François Cluzet), l'antihéros du film, ère de
ville en ville, sans but ou presque, à la recherche de l'argent facile. Il se fait passer pour ce qu'il n'est pas et en profite pour voler son prochain sans se faire remarquer. Peut être ne sait
t'il même pas qui il est, il a perdu son identité, sa raison de vivre.
Son périple l'amène à s'arrêter dans une ville du nord de la France ou la construction d'un chantier d'autoroute avait été arrêté suite à des protestations d'associations de sauvegarde de la
nature. En effet une colonie de scarabées avait élu domicile à cet endroit. Il fut donc impossible de construire cette autoroute. Philippe, deux ans plus tard, tombe sur le chantier déserté et
feint d'en reprendre les reines afin de soutirer un maximum d'argent. Sans le vouloir, il va se
retrouver pris dans le piège qu'il a lui même commencé à tisser.
lien dailymotion
Point de vue:
Dans cette ville triste où rode le chômage, chacun commence à reprendre espoir avec l'arrivée de cet homme.
Alors, pourquoi partirait-il si tôt alors que les gens du village le prennent pour le messie? Il va, en plus pouvoir s'en mettre plein les poches! Philippe ne dit rien ou presque, ne fait rien ou
presque, et pour cause, il n'est pas chef de chantier et n'y connais rien. Aucune importance, les villageois vont se charger de faire le travail à sa place. Lui, aura juste à faire semblant de
maitriser la situation et de jouer son rôle de chef de chantier. On le soupçonne cependant de ne pas être fiable, certains pensent que ce n'est qu'un "pauvre type". Aucune preuves tangibles ne
permettent aux ouvriers de certifier l'existence d'un groupe pour lequel Philippe est censé travailler. Le "piège", les villageois et ouvriers préfères ne pas le voir. Leur joie soudaine de
reprendre goût à la vie occulte totalement tout discernement.
On dit que l'amour rend aveugle, ici c'est le bonheur de se sentir revivre grâce au travail. Philippe va profiter de la situation mais partagera aussi se sentiment de renaissance et de
reconnaissance. Il se sent, pour la première fois de sa vie, utile et source d'espoir pour ces villageois. Et cet espoir que l'on met en lui, il le rendra quoiqu'il en coûte. Il a
maintenant un but et rien ne l'arrêtera, il se fera violence pour aider ces gens et s'aider lui même.
François Cluzet est véritablement magistral dans ce rôle du type complètement à l'ouest et désemparé. Son évolution personnelle est progressive et ne se fait sentir que par la suggestion et non
par une démonstration appuyée. Une grande partie du film tient, grâce à la mise en scène de Xavier Giannoli dont la caméra semble spectatrice/complice (j'ai bien dit semble...) des agissement de
Philippe. Puis tout en nuance, elle choisit de l'accompagner dans sa folie, dans son enthousiasme et dans ses peurs. La grande force du film est, pour terminer, de nous impliquer totalement dans
l'histoire, dans le ressentit des villageois et dans la détresse de l'acteur principal, le tout accompagné de la belle musique de Cliff Martinez. Les seconds rôles sonnent tous juste et l'on
ressent de l'empathie pour chacun.
On est embraqué dans l'histoire du film et ces personnages et on reste hypnotisé par la mise en scène. Certaines critiques le jugent trop lent ou esthétisant. Et oui, on est dans un film
introspectif, pas un film d'action!
Le seul bémol que j'aurais pu émettre est que l'histoire semble manquer de crédibilité dans la manière dont elle est amenée dans le déroulement du récit. Tout semble trop facile, trop "servis sur
un plateau". Pourtant, la romance ne s'éloigne à mon avis pas tellement de la réalité. Xavier Giannoli souhaitait tourner cette histoire depuis 10 et a rencontré la personne dont est tiré ce
film. Les faits sont donc retranscrit au mieux, bien que romancés. Il faut bien reconnaître que même si certaines situations paraissent invraisemblables (le regard du spectateur), il ne faut pas
oublier que, bien souvent, comme dans la vie "plus c'est gros plus ça passe"
Ce film mérite vraiment de rentrer dans le palmarès des césars aussi bien pour son acteur principal et pour la mise en scène, que pour celui du meilleur espoir masculin Vincent Rottier (sacré
concurrence avec le jeune acteur du film "Welcome" quand même!).
Bientôt les résultats! J'ai confiance!